Après la mer, d’Alexandre Feraga

📚 Résumé :

«J’avais dix ans lorsque je suis sorti de l’enfance.»
Devant la voiture chargée jusqu’à la gueule, Alexandre comprend qu’il part en vacances, seul avec son père. Il n’a aucune idée de leur destination : qu’importe, il espère se rapprocher de cet homme taiseux qui l’impressionne et glaner enfin quelques signes d’affection.
Le temps d’un été, Alexandre va devenir Habib – son vrai premier prénom qu’il n’a jamais utilisé en France –, traverser la mer, découvrir d’où vient son père et prouver à ses grands-parents que leur aîné n’a pas renié ses origines. Même si pour cela il doit engloutir tout ce que l’Algérie fait de pâtisseries et subir les corrections d’un grand-père soucieux d’honneur. Mais le but de ce voyage se révèle, au fur et à mesure, étrangement plus inquiétant.
Avec la tendresse et la cruauté qu’on a pour le passé qu’on enterre, Alexandre Feraga signe le roman de la fin d’une enfance.

🖋 Mon avis :

On ne nourrit pas un enfant de silences. Alexandre Feraga le sait. De son père taiseux et mystérieux et de sa mère soumise (la condition de la femme est un thème qui reviendra souvent d’ailleurs), il ne sait pas grand chose. Au milieu d’une famille recomposée où rien ne se dit, il ne sait pas trouver sa place. Ou plutôt, on ne lui donne pas. Battu, malmené par ses demis (frères et sœurs), ignoré par les autres, le jeune garçon se construit sur ce qu’il imagine de sa famille et de ceux qui la composent.

L’été de ses 10 ans, sans en avoir été averti, c’est le départ pour l’inconnu qui viendra le cueillir. En voiture avec son père, il part pour un voyage aux airs de guet-apens jusqu’en Algérie, vers des racines qu’il ne connait pas. En route, il deviendra Habib. Son prénom confisqué, il découvrira un nouveau morceau de lui dans les montagnes algérienne. Une autre famille, une autre culture, une religion.

C’est un enfant morcelé, à qui l’on ne dit rien ou presque, et qui se retrouve à la confluence de ses deux luis. C’est l’histoire d’un fils qui cherche son père et des preuves d’amour dans le moindre geste, d’un enfant qui cherche qui il est. D’espoirs en déceptions, il devra se construire seul, sur des morceaux d’histoires et de famille glanés, devinés ou arrachés à ces adultes qui ne disent rien, comme un fleuve nourri uniquement des eaux de pluie. C’est l’histoire des mots qu’on ne dit pas, de ceux qu’on dit mal. C’est la quête du « d’où viens-je » pour savoir « qui suis-je ».

Alexandre Feraga écrit avec le cœur et ça a touché le mien. D’une plume fluide, intelligente et sensible, il s’écrit, se livre et nous offre un beau roman sur l’enfance et sa fin subi(t)e, les difficultés de la double culture et le poids de la religion. C’est un roman dont on a peu parlé à sa sortie en Janvier mais qui mérite vraiment d’être lu et je suis ravie de l’avoir fait, ça m’a permis de faire une belle découverte. Merci la Fête du Livre de Quiberon et la librairie de Port Maria!

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