Même les méchants rêvent d’amour, de Anne-Gaelle Huon

📚 Résumé :

Jeannine, 80 ans passés, a la mémoire qui s’effiloche. Les jours sont comptés avant que ses souvenirs plient bagage. Alors Jeannine fait des listes, toutes sortes de listes. Et surtout, elle consigne dans un carnet ce qu’elle n’a jamais osé raconter. L’histoire d’un secret, d’une rencontre, d’un mensonge. Elle se confie à Julia, sa petite-fille. Quand celle-ci la rejoint en Provence, elle découvre une maison de retraite très animée. Tandis que Jeannine semble déjà partie bien loin, le précieux carnet s’offre à Julia comme un cadeau du destin. Entourée d’une bande de joyeux pensionnaires, la jeune femme va tenter de faire la lumière sur les zones d’ombre du récit. Et lever le voile sur l’histoire d’amour bouleversante qui a marqué la vie de sa grand-mère. Et s’il n’était pas trop tard pour réécrire le passé ?

🖋 Mon avis :

Je veux un boa et des paillettes. Je ne mettrai que ça et je danserai avec, comme s’il n’y avait que moi. Et je veux un bonnet, tricoté main. Ça n’ira pas ensemble, c’est certain, mais peu importe.
Et puis, je veux revenir en arrière et parler avec mes grand-mères. Mais c’est impossible. On ne retricote ni la vie ni les mamies.
👵
C’est l’effet Anne-Gaelle Huon ça. Cette femme solaire au sourire qui chasse les nuages et traverse les pages. Cette femme pétillante et vivante. Celle qui a écrit ce livre, celui qu’il me fallait. C’était le bon livre, au bon moment.
👵
J’ai donc suivi Julia, prête-plume qui manque de confiance en elle et se cache derrière le nom des autres autant que derrière ses vêtements. Julia qui rejoint Jeannine, sa grand-mère, dont la mémoire s’effrite. Julia qui va devoir refaire le puzzle d’une vie comme on tente de recoller un verre brisé par un autre, sans savoir si on en a tous les morceaux, sans savoir à quoi il doit ressembler.
👵
J’ai lu avec le nez. Ça sentait la truffe, l’humus, la garrigue et la fleur d’oranger. Ça sentait les anciens, le savon de Marseille, les vieilles photos.
Et puis j’ai lu avec mon cœur. Et ça sentait mes grand-mères, leur vieillesse, ma jeunesse. Ça sentait l’amour. Ça sentait bon.
👵
J’ai souri, j’ai pleuré (je pleure souvent, je sais…), j’ai ri.
J’ai pris une bouffée de vie. J’ai respiré, mieux.
Et puis j’ai entendu une voix, celle de ma mère, qui disait (et qui dit toujours) « on ne connait pas les deux bouts de sa vie ». C’est vrai. On ne sait pas quand, ni comment. On ne sait pas si on n’aura pas la mémoire qui se barre en courant (ça aussi, c’est ma mère qui le dit). On ne sait pas si on aura le temps. Alors il faut parler, se dire, demander, répondre. Tout de suite. S’intéresser aux gens qu’on aime tant qu’ils sont là, avant que leur corps ou leur mémoire ne déclare forfait. Ne pas laisser les réponses s’échapper.
Et puis il faut sourire, et danser, et oser. Il faut aimer et accepter de l’être. Prendre des risques. Vivre, pleinement. On ne le fait qu’une fois, alors autant le faire bien, non ?

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