Lambeaux, de Charles Juliet

📚 4ème de couverture :
Dans cet ouvrage, l’auteur a voulu célébrer ses deux mères : l’esseulée et la vaillante, l’étouffée et la valeureuse, la jetée-dans-la-fosse et la toute-donnée.
La première, celle qui lui a donné le jour, une paysanne, à la suite d’un amour malheureux, d’un mariage qui l’a déçue, puis quatre maternités rapprochées, a sombré dans une profonde dépression. Hospitalisée un mois après la naissance de son dernier enfant, elle est morte huit ans plus tard dans d’atroces conditions.
La seconde, mère d’une famille nombreuse, elle aussi paysanne, a recueilli cet enfant et l’a élevé comme s’il avait été son fils.
Après avoir évoqué ces deux émouvantes figures, l’auteur relate succintement son parcours. Ce faisant, il nous raconte la naissance à soi-même d’un homme qui est parvenu à triompher de la «détresse impensable» dont il était prisonnier. Voilà pourquoi Lambeaux est avant tout un livre d’espoir.

🖋 Mon avis :

Raconter ses mères pour les aimer encore. Raconter celles qui l’ont fait pour comprendre qui il est. Ecrire. Trouver les mots, ceux qui ont trop manqués et les sortir, enfin, comme on se met à respirer.

Charles Juliet écrit sa résilience et son amour pour ses femmes. Il s’écrit, petit à petit. De la genèse à la renaissance. Des racines au fruit.

Né d’une mère étouffée par sa vie, élevé par l’amour entier d’une autre, influencé par les deux, sans le savoir alors, il raconte. Et se trouve.

Se retourner pour avancer, mieux. Regarder d’où l’on vient pour assurer ses pas. Trouver d’où vient la graine, remercier la main qui l’a plantée, puis celle qui en a pris soin, comprendre d’où viennent les vents. Puis éclore, enfin.

Il écrit son passé au présent, lui donne une place dans sa vie. Sans hier, pas d’aujourd’hui.

Il écrit ses tourments, son étouffement. Les mêmes ou presque, que ceux de celle qui lui a donné la vie. Il écrit l’amour qu’il a reçu de celle qui l’a élevé, et celui qu’il lui a rendu, comme il a pu. Étymologie des maux pour trouver les mots. Et enfin les écrire pour exister. Se renaître.

C’est puissant et triste.

C’est l’histoire en sépia d’un homme né plusieurs fois, de plusieurs mères, puis de lui-même.

C’est un livre dont on se souvient, assurément.

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