La vie de merde de mon père La vie de merde de ma mère et ma jeunesse de merde à moi, de Andreas Altmann

📚 4ème de couverture :
Altötting, lieu de pèlerinage en Bavière, dans les années 1950-1960.Ici ni grâce ni miracles, mais violence et terreur : un père psychiquement détruit par la guerre frappe son fils jusqu’à lui faire perdre connaissance ; une mère trop faible pour protéger ses enfants sombre dans la dépression ; un fils bouc émissaire cherche des stratagèmes pour ne pas succomber. Une histoire (vraie) peuplée de prêtres fanatiques et pédophiles, d’anciens nazis sans remords, de femmes humiliées ou complices. Mais Andreas Altmann refuse le statut de victime et montre la voie de la reconquête d’une vie libre et digne.

🖋 Mon avis :

On fait toujours un choix quand on sort d’un livre, consciemment ou pas. On peut décider de ce que l’on va en retenir. Un thème, une écriture, un personnage, rien. On ne gardera pas tout, ou rarement. Chacun a sa propre lumière, et elle éclaire les mêmes mots différemment d’un lecteur à l’autre. Quand j’ai refermé ce livre-là, je savais ce dont je vous parlerai.

J’ai lu les sévices. J’ai lu les coups et la violence psychologique. J’ai lu ce père froid, pervers et violent. Cette mère faible qui ne s’est jamais battue, ni pour elle, ni pour ses enfants. Le foyer devenu géhenne. L’éducation catholique dans ce qu’elle a de pire, ses interdits, ses condamnations, ses jugements sans procès, ses catéchistes immondes et libidineux. J’ai lu l’enfance en miettes, la souffrance, la solitude.

Oui, j’ai lu tout ça mais j’ai surtout vu la force, celle qui naît entre des dents que l’on a trop souvent serrées, et c’est elle que je voulais garder. Parce que j’aime les gens forts. J’aime ceux qui ploient mais ne cassent pas. Ceux qui ont une boule de rage au fond du ventre et qui s’en servent pour avancer. Et Andreas Altmann est de ceux-là. De ceux qui ont dû courber le dos, encaisser les coups, les humiliations, les violences. De ceux qui ont ravalé leurs larmes parfois, et parfois pas, mais qui ont levé les yeux. Pour que l’autre sache que ce n’est pas fini, qu’il voit qu’il y a toujours quelqu’un en face de lui. Quelqu’un qui se relèvera.

Altmann nous prouve que l’on peut devenir qui l’on veut si on essaie, encore, toujours, malgré tout. Non. En fait, il nous montre surtout qu’on peut devenir qui l’on est, au fond, même si on ne nous a jamais laissé une chance de grandir en essayant de le savoir. Même si on nous a scié à la racine. Même si on n’a pas eu l’amour comme engrais. Il nous dit que ce sera long, qu’on fera des erreurs, mais qu’il faut essayer. Qu’une graine peut pousser, même ensevelie sous des tombereaux de merde.

Altmann ne s’apitoie pas, il raconte, et il le fait bien. Il retire les rochers devenus cailloux dans ses chaussures et s’en sert pour marquer son chemin. Pas pour le retrouver, mais pour voir par où il est passé. Le petit poucet ne veut pas rentrer. Oui, il est passé par ici. Non, il ne repassera pas par là. Il avancera. Pas toujours droit, pas toujours vite, à tâtons souvent, mais il avancera.

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