Vigile, de Hyam Zaytoun

📚 4ème de couverture :

Un bruit Ă©trange, comme un vrombissement, rĂ©veille une jeune femme dans la nuit. Elle pense que son compagnon la taquine. La fatigue, l’inquiĂ©tude, elle a tellement besoin de dormir… il se moque sans doute de ses ronflements. Mais le silence revenu dans la chambre l’inquiète. Lorsqu’elle allume la lampe, elle dĂ©couvre que l’homme qu’elle aime est en arrĂŞt cardiaque.

Avec une intensitĂ© rare, Hyam Zaytoun confie son expĂ©rience d’une nuit traumatique et des quelques jours consĂ©cutifs oĂą son compagnon, placĂ© en coma artificiel, se retrouve dans l’antichambre de la mort. Comment raconter l’urgence et la peur ? la douleur ? une vie qui bascule dans le cauchemar d’une perte brutale ?
Écrit cinq ans plus tard, Vigile bouleverse par la violence du drame vĂ©cu, mais aussi la dĂ©claration d’amour qui irradie tout le texte. RĂ©cit bref et prĂ©cis, ce livre restera Ă  jamais dans la mĂ©moire de ceux qui l’ont lu.

đź–‹ Mon avis :

Mouchoirs dans la main gauche, livre dans la droite, j’Ă©tais parĂ©e. Ces quelques pages, je le sentais, allaient me chavirer. Et puis… et puis, rien. Calme plat. Je l’ai tellement voulue pourtant, la submersion, tellement cherchĂ©e, mais rien n’y a fait. Pourquoi donc ? Que s’est-il passĂ© pour que mon cĹ“ur ne se noie pas ? Il me fallait chercher.

J’ai donc remontĂ© le fil, reniflĂ© la piste, et retrouvĂ© oĂą et pourquoi ce livre et moi on s’Ă©taient sĂ©parĂ©s. Ça n’a pas Ă©tĂ© long finalement, et l’un des cailloux sur ma chaussĂ©e a justement Ă©tĂ© ce temps, trop court. L’Ă©paisseur d’un bouquin, on le sait, ne se mesure pourtant pas au nombre de pages, pourvu que l’intensitĂ© et la puissance du rĂ©cit les transcendent. Mais lĂ , pour moi en tout cas, il en manquait, des pages, des mots. Tout Ă©tait trop court, pas assez fouillĂ©, dĂ©veloppĂ©. Je pensais ĂŞtre soulevĂ©e par l’Ă©motion, dĂ©bordĂ©e, mais non. Pas une larme, pas un pincement, rien. Et pourtant, vous le savez, je ne les retiens jamais, ni mes yeux ni mon cĹ“ur. Ils ont carte blanche et ne craignent pas l’humiditĂ© (Ă  l’inverse de mes cheveux. Mais on se perd lĂ , reprenons.), mais ils n’ont pas eu le temps de prendre l’eau. J’Ă©tais prĂŞte Ă  voir mes Ă©motions affluer mais, Ă  peine m’avaient-elles effleurer, que dĂ©jĂ  elles repartaient. Inattendu et brutal ressac de mon empathie. Et pourtant, parfois, il n’en faut pas tant que ça, il suffit d’un mot, d’une phrase dĂ©cochĂ©e comme une flèche, d’une fulgurance, mais rien de tout ça n’est arrivĂ©. Je n’ai pas Ă©tĂ© transpercĂ©e.

Et puis, pour tout vous dire, il m’a aussi manquĂ© de la tension, de l’ampleur. Hayam Zeytoun ne pouvait pas inventer, je le sais. Elle ne pouvait pas, pour plaire, ajouter, modifier, adapter. Il ne pouvait y avoir ici que ce qui s’est passĂ©, et c’est parfait comme ça, mais j’aurai voulu plus de force, de puissance, dans le traitement des Ă©vĂ©nements et des ressentis. Alors attention, je ne dis absolument que c’est mal Ă©crit, mais je n’ai pas Ă©tĂ© conquise comme j’ai pu l’ĂŞtre par d’autres auteurs.rices. Le sujet est pĂ©rilleux, si dĂ©licat qu’il demande l’excellence pour ne pas tomber dans la mièvrerie et le pathos tout en suscitant l’Ă©motion, et lĂ , mĂŞme si l’autrice n’est pas tombĂ©e dans ces Ă©cueils, je n’y ai pas trouvĂ© d’Ă©motion non plus.

Je n’aime pas ne pas aimer et encore moins le dire, parce que, lĂ  aussi, l’exercice est difficile. Je ne veux surtout pas, au prĂ©texte que je n’y ai pas trouvĂ© mon compte, risquer d’Ă©loigner les lecteurs d’un texte qui mĂ©rite sĂ»rement d’ĂŞtre lu. C’est donc plus facile ici, puisque Vigile a dĂ©jĂ  reçu quantitĂ©s d’avis merveilleux. Alors allez les lire et, au pire, prenez le mien pour nuancer. Vos attentes seront peut-ĂŞtre moins grandes et il y a fort Ă  parier que vous serez touchĂ©s. Cette fois-ci, et avec tout le respect que je dois Ă  l’autrice, ça n’a pas marchĂ© pour moi.