Un battement d’elle, de Gaston Marie

Cette histoire, c’est celle de Sylvie, atteinte d’un cancer en phase terminale. Cette histoire, c’est son battement, le dernier. Celui qui vit encore mais qui emporte. Celui qui dit non, qui dit pas encore. Celui qui dit, tout, quand on ne peut plus parler. Prisonnière de son corps malade, Sylvie se raconte, elle hier, elle aujourd’hui. Elle dit sa vie, sa maladie. Et puis vient ce battement qui engloutit. Cotonneux, sans bruit. Mais de ce battement, Gaston Marie fait un papillon. Il lui donne une elle et un lui. Il lui donne une vie. Et alors, Sylvie renaît, presque, ailleurs. Prisonnière sans parole d’un nouveau corps, encore.

Vous devez vous en doutez, je n’ai pas pu m’en empêcher. Ce voyage poétique et philosophique, je l’ai lu en double. Elle d’un côté, lui de l’autre, le parallèle était presque parfait. Et puis, je les ai fait se croiser. Ça non plus, je n’ai pas pu m’en empêcher. L’écho avait fait trembler mes murs, bien plus que ce que j’avais imaginé. Le cancer pulmonaire, le déni. Le corps qui lâche petit à petit. L’hôpital. Les yeux dans le vague, le regard déjà un peu parti. La voix qui fuit. La morphine, l’Hypnovel. Tout. Alors, quand j’ai refermé le livre de Gaston, je lui ai écrit. « Je sais que ce que j’ai vu comme des réponses à mes questions sur la fin de vie des malades n’en sont pas. Je sais que tu n’es pas dans leur tête, que tout ça n’est qu’une fiction, mais je n’ai pas pu m’empêcher d’entendre, par moments, une autre voix que celle de Sylvie ». Oui, je le sais, j’ai voulu l’entendre, lui.

Mais j’ai aussi entendu le soignant bienveillant, plein d’amour pour son métier et ses patients. Celui qui fait tout pour que la fin soit moins brute, que les contours soient plus doux. Celui qui met du coton sur les derniers instants. L’auteur est docteur en cancérologie, et je crois que si ce livre est si plein d’humanité, c’est parce que ses deux luis, le médecin et l’écrivain, le sont aussi. Alors merci pour ce Battement d’elle, ce battement d’eux. Celui de ceux qui partent sans pouvoir dire et à qui tu as prêté une voix et tes mots, doux. Beaux.

4 commentaires sur “Un battement d’elle, de Gaston Marie

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